Venant des Etats-Unis et ayant voyagé un peu partout en Europe, j’ai eu la chance de rencontrer plein de grimpeurs forts et motivés. Bon nombre de ces grimpeurs sont inconnus, bien que leurs réalisations sont tout bonnement hallucinantes, et ne s’entraînent pas sur des structures très élaborées, sans staff d’encadrement qui les suit pas par pas et qui les aide à être meilleur, ou même sans partenaire de grimpe ! Ces grimpeurs sont des purs produits de la motivation, voyageant au fil de leurs envies un peu comme des bohémiens débrouillards…

Le jeune brésilien, Felipe « Gomez » Camargo (18 ans dans quelques jours), a toujours été inspiré par les grimpeurs professionnels européens. L’été dernier il a eu la chance de venir en Europe pour faire de la falaise et participer aux coupes du monde ainsi qu’aux coupes d’Europe espoirs. Un des athlètes les plus déterminés et motivés pour grimper que j’ai jamais connu !
- Présente-toi brièvement !
Felipe : Salut, je m’appelle Felipe Camargo, jeune brésilien de 17 ans et je grimpe « a muerte » depuis 2001. On m’appelle aussi « Papichulo » ou le « Casanova brésilien » (rires).
- Raconte nous la vie au Brésil
Felipe : Le Brésil est un pays très intéressant au niveau tourisme, la nature y est très belle, et puis comme chacun les sait y a plein de filles et de fêtes partout ! (rires) L’escalade en est à ses balbutiements, c’est en plein boom concernant l’escalade sur sites naturels mais pour ce qui est de l’escalade de compétition et de haut niveau, ce n’est pas encore très structuré ! Les voies les plus difficiles tournent autour du 8c, donc on a encore une grande marge de progression et de développement !

- Décris-nous une journée habituelle pour toi
Felipe : Depuis l’an dernier où j’ai fini mes études secondaires, ma vie n’a seulement tourné qu’autour de l’escalade ! Donc un jour normal, je me réveille vers 8 h, je m’entraîne en salle la matinée de 9 à 12, ensuite repos dans l’après midi, et re-session au pan le soir, de 18 à 22 h, comme un grimpeur pro quoi ! Par contre, je vous rassure, je sors le week-ends faire la fête avec mes amis !
- Tu es plutôt voies ou blocs ? Quels sont tes objectifs pour cette année ?
Felipe : J’aime les deux, mais je suis davantage intéressé par les voies. Mes objectifs cette année sont de progresser en après travail en falaise, essayer de faire mon premier 8c+ voire mon premier 9a. En compétition, j’aimerai grimper du mieux possible et repousser mes limites. Je pense que si j’y arrive, je pourrai être dans le Top 5 du classement général des coupes d’Europe jeunes et bien me comporter sur des étapes de coupe du monde sénior (Felipe a déjà terminé 20ème sur une étape, l’an dernier à Puurs) Mais j’ai pas envie de me mettre de la pression, juste essayer de grimper aussi fort que je le peux et de prendre du plaisir entre potes.

- Réagis à chaque mot que je dis
- France : « Gorges du Loup ! »
- Coupe du monde : « finales ! »
- Entraînement : « A muerte ! »
- 9a : « à venir bientôt »
- colonnettes : Je hais ! » (rires)
- dalles : « Je hais encore plus ! » (re-rires)
- Voyage : « ma passion »
- Sponsors : « Beal »
- Progression : « Je suis en plein dedans »
- Fêtes : « Toujours présent ! »
- Quels sont les souvenirs de ton trip européen de l’an dernier ?
Felipe : Voyager en Europe était vraiment incroyable. Une grande expérience qui a été très enrichissante pour moi. J’ai vécu tant de bons moments. Au début, j’ai voyagé avec Patxi Usobiaga, qui a toujours été mon idole. De belles croix en falaise, puis mon premier 8c, « Hulk » à Rodellar. Et puis mes premières expériences en compétition internationale, la Slovénie, des nuits passées à dormir dans la grotte géante de Santa Linya ou encore dans le pan de Dani Andrada, les bars de Lérida,…
- Que penses-tu qu’il est mieux de suivre pour devenir un grimpeur fort ? Avoir la mentalité européenne « méga-training » ou l’approche américaine « free flow », basée sur le travail de voies dures en falaise ?
Felipe : Je pense que çà dépend de tes supports d’entraînement. Si tu peux grimper tous les jours des voies dures en falaise, peut-être que tu n’es pas obligé de t’entraîner aussi dur que d’autres. Mais perso je préfère la mentalité européenne !

- Que penses-tu de la France ?
Felipe : L’ambiance sur les compétitions est incroyable, Chamonix et Serre-Chevalier sont des grands spectacles ! Cette année, je veux faire ces deux compétitions ainsi que les championnats du monde jeunes à Valence, et au milieu grimper dans les gorges du Loup, Céüse ou Pierrot Beach. Je veux faire des voies dures en France !
